Marchés ballottés par la géopolitique, la défense en embuscade
information fournie par Zonebourse 23/01/2026 à 17:54
Au cours de la semaine écoulée, l'indice parisien aura ainsi reculé de 1,4%, son deuxième exercice hebdomadaire dans le rouge à la suite, après le repli de 1,23% observé entre le 12 et le 16 janvier. La tendance a été chahutée par les visées expansionnistes de Washington sur le Groenland, par les menaces de Trump de taxer les pays européens qui ne soutiendrait ce projet, puis... par le revirement du milliardaire. "Cette détente géopolitique s'est reflétée sur les marchés avec un rebond des actifs risqués", rapportent les analystes de E. de Rothschild.
L'ambiance est aussi maussade sur les autres places boursières européennes : Londres recule de 0,16% ce vendredi tandis que Francfort parvient de justesse à grapiller... 0,01%.
Marchés sous tension entre géopolitique et incertitudes monétaires
L'apaisement (relatif) des tensions autour du Groenland ne fait pourtant pas oublier les points de friction encore nombreux aux quatre coins du monde, de l'Ukraine à Taïwan, en passant par Gaza et l'Iran.
Dans ce contexte, Paris est emmené par Thales qui gagne aujourd'hui 2,82% (plus forte hausse du CAC), suivi de près par Safran ( 1,44%). À Francfort, Rheinmetall se distingue aussi avec 1,84%, tandis que le britannique BAE Systems s'arroge 1,66%.
"Le secteur de la défense a très largement surperformé les grands indices boursiers depuis le début de l'année, qu'il s'agisse des marchés américains, asiatiques ou européens", souligne Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPR AM. "Les tensions entre grandes puissances font que les budgets militaires devraient continuer à augmenter sur les prochaines années", ajoute-t-il.
À ce titre, les États-Unis peuvent compter sur des recettes douanières en forte hausse : elles sont passées de 79 à 264 MdsUSD entre 2024 et 2025.
Toutefois, "bien que présentées comme une taxe sur l'étranger, ces mesures pèsent sur les ménages américains et génèrent environ 0,5 point d'inflation. Parallèlement, la consommation reste solide mais fragile, soutenue par un taux d'épargne tombé à 3,5%, son plus bas niveau en trois ans", indiquait ce matin Oddo BHF dans une analyse sectorielle.
Le marché surveille de près la succession de Jerome Powell à la Fed, où Kevin Warsh émerge comme favori face aux pressions politiques croissantes. La réunion du FOMC du 28 janvier sera cruciale pour évaluer l'indépendance de l'institution.
Sur le Vieux Continent, Goldman Sachs prévoit que la BCE maintiendra ses taux inchangés en 2026, car le seuil de dégradation économique requis pour agir n'est pas encore atteint. Actuellement, la politique est jugée adéquate face à une croissance résiliente et une inflation proche de la cible. À moins d'une détérioration matérielle ou de données négatives sur plusieurs trimestres successifs, le statu quo devrait donc prévaloir cette année.
Rappelons enfin que la France a choisi la voie du 49.3 pour faire adopter le projet de loi de finances 2026, entérinant un déficit public autour de 5 % du PIB, moins ambitieux que les objectifs initiaux.
Des indicateurs contrastés de part et d'autre de l'Atlantique
Les marchés ont pris connaissance au fil de la journée d'une large série de statistiques : dans la zone euro, l'indice flash PMI composite HCOB de l'activité globale, calculé par S&P Global, s'est maintenu à 51,5 en janvier, signalant ainsi une 13e progression mensuelle consécutive de l'activité du secteur privé, à un rythme toutefois modéré.
Dans l'Hexagone, en janvier 2026, l'indicateur synthétique du climat des affaires se montre stable par rapport au mois de décembre, à son plus haut niveau depuis juin 2024 : à 99, il s'établit presque à sa moyenne de longue période (100).
Toujours en France, l'indice PMI flash composite HCOB de l'activité globale, calculé par S&P Global, s'est replié de 50 en décembre à 48,6 pour le mois en cours, signalant un retour de la contraction dans le secteur privé français en janvier.
Au Royaume-Uni, les ventes au détail en volume se sont accrues de 0,4% en décembre 2025, après une baisse de 0,1% en novembre (chiffre non révisé par rapport à l'estimation précédente), selon l'Office national de statistiques (ONS).
En Allemagne, l'indice des directeurs d'achat (PMI) Composite, qui prend en compte les secteurs manufacturier et des services, est ressorti à 52,5 en janvier, contre 51,3 en décembre, a indiqué S&P Global. Il était attendu à 51,8.
Enfin, outre-Atlantique, l'indice des directeurs d'achat (PMI de S&P Global) Composite, qui prend en compte les secteurs manufacturier et des services, est ressorti à 52,8 en janvier en ligne avec les attentes après 52,7 en décembre. Le PMI pour les services est passé à 52,5 après 52,5 en décembre et un consensus de 52,9. Le PMI manufacturier est passé à 51,9 contre 51,8 et un consensus de 52.
Les valeurs en mouvement
Dans l'actualité des valeurs européennes, Ericsson gagne 10,5% après avoir fortement amélioré sa rentabilité en 2025, en privilégiant les marges au chiffre d'affaires. La publication inspire aussi le concurrent Nokia, dont le titre prend 2,6%.
Stif s'arroge 14,7%, après des revenus annuels au-delà des attentes. Portzamparc s'attend à ce que les résultats fassent de même. Le bureau d'études reste positif avec un objectif légèrement relevé de 79 à 81,70 EUR.
Parmi les baisses notables, citons Adidas (-5,4%), pénalisé par une dégradation de RBC, passé de "surperformance" à "neutre" sur la valeur, avec un objectif ramené de 190 à 160 EUR.
Enfin, Ubisoft a reculé de près de 41% au cours de la semaine écoulée après l'annonce d'une profonde réorganisation de son activité, marquée par l'annulation de six jeux vidéo, dont le très attendu remake de "Prince of Persia : Les Sables du temps", et le report de sept autres titres. L'entreprise évoque une dépréciation accélérée de 650 millions d'euros, liée à ces annulations, et revoit à la baisse ses réservations nettes, attendues à environ 1,5 milliard d'euros.
À Londres, le baril de Brent gagne 2,1%, à 65,8 USD.
L'or évolue à des sommets, à 4982 USD l'once ( 0,9%).
Enfin, l'euro est stable face au billet vert autour des 1,176 USD.
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